Anti-Fraude et Cybersécurité

Pourquoi une Chaire Anti-Fraude & Cybersécurité ?

Alors que les organisations et les individus sont chaque jour de plus en plus interconnectés et dépendants des technologies de l’information, les cyber risques explosent. Le début du XXIème siècle a vu la multiplication des piratages de grande ampleur. Ainsi rien qu’en 2017, des entreprises comme Uber, la SEC, Equifax, Deloitte, Cdiscount, Renault ou l’Université de Stanford ont annoncé avoir été victimes de hackers. Une étude récente a montré que 68% des entreprises françaises avaient été victimes d’une fraude dans les 24 derniers mois, sachant que 53% des fraudes concernent la cybercriminalité. Plus alarmant encore, la moitié des Américains a été touchée par un piratage en 2017. Les nations, organisations et individus peuvent être fragilisés par des cyber crimes, des crimes dans lesquels une expertise cyber est utilisée pour violer la loi.

Pour traiter de ce sujet brûlant, Audencia a mis en place une chaire « Anti-Fraude et Cybersécurité ». Son objet principal est d’étudier les comportements de cybersécurité, définis comme les comportements de gestion des cyber risques par les individus.

Une augmentation rapide des risques cyber

L’augmentation rapide des cyber risques provient d’une multiplicité de facteurs notamment de la croissance des flux financiers et d’information, la présence sur le web et les réseaux sociaux Autant de risques perçus comme des opportunités par les criminels qui font preuve chaque jour d'inventivité. Depuis une dizaine d’années, nos recherches nous ont amené à centrer notre analyse sur le comportement individuel et collectif pour analyser les fraudes. 

Il est essentiel de comprendre les comportements de cybersécurité et les manières de faire changer ces comportements. La formation ou l’information ne semblent pas suffisantes pour faire prendre conscience des risques et des comportements adaptés. Devant l’inventivité des criminels, les entreprises doivent elles-aussi innover dans leurs dispositifs de parade.

Notre mission

La chaire « Anti-Fraude & Cybersécurité » est un lieu d’exploration, d’échange de savoirs et de bonnes pratiques sur les comportements de cybersécurité. Son projet est essentiellement de mener des études sur les faiblesses de protection des entreprises en analysant le comportement des acteurs humains et non les dispositifs techniques. En effet, le facteur humain est souvent le maillon faible de la protection des entreprises en matière de cybercriminalité. La recherche a donc pour objet d'étudier dans un échantillon d'entreprises ce que pensent et font les employés face aux risques de cybercriminalité mais aussi comment changer leurs comportements de cybersécurité.

La mission de la chaire peut être ainsi résumée en trois thèmes clefs :

  • Comprendre les comportements de cybersécurité ;
  • Proposer des solutions concrètes permettant de changer les comportements de cybersécurité ;
  • Promouvoir les comportements préventifs face aux risques cyber.

Méthode et thèmes de recherche

Méthode
Il s‘agit de mener des recherches en collaboration avec nos partenaires : organismes d’Etat, collectivités territoriales et locales, entreprises privées, centres de recherche, société civile, à partir de problèmes concrets des organisations, des situations réelles décrites par les partenaires. Un comité de pilotage permet de suivre les travaux et de prendre des décision clefs. L'équipe de la Chaire souhaite également accompagner les partenaires dans la mise en place des préconisations de cybersécurité.

Thèmes de recherche 

  • Les dispositifs organisationnels des entreprises pour lutter contre les cyber risques
  • Les comportements humains face aux cyber risques
  • Savoir répondre à ces risques d'un point de vue organisationnel et/ou humain
Une équipe dédiée

Bertrand Venard

Titulaire de la Chaire Anti-Fraude

Titulaire d'une Habilitation à Diriger des Recherches et d'un doctorat de Sciences de Gestion, Bertrand Venard est professeur de stratégie à Audencia Business School et a travaillé dans l'industrie financière et dans le conseil en stratégie avant de démarrer sa carrière académique. Ses recherches portent sur la lutte contre la fraude, notamment contre la cybersécurité et la corruption, l’intelligence économique. Il participe également à un groupe de projet de l’ONU (Global Compact, Principles for Responsible Management Education, PRME) consacré à la lutte contre la corruption. Par ailleurs, Bertrand Venard est aussi Directeur Scientifique d’un projet auprès du gouvernement du Bhoutan pour lutter contre la corruption et travaille en parallèle avec l’Université d’Oxford sur un projet de recherche concernant les effets du facteur humain dans le domaine de la cybersécurité.

Sonal Jain

Doctorante

Sonal Jain est titulaire d'un Master 2 de recherche en Management International de l’IAE de Toulouse et un Master en Commerce de l’Université Osmania de l’Hyderabad (Inde). Elle s’intéresse particulièrement à la fraude économique sous l’angle de la corruption dans les petites et les moyennes entreprises (PME) ainsi que les très petites entreprises (TPE). A partir de cadres d’analyse croisant la théorie de la légitimité et la théorie de prise de décision éthique, elle a entrepris une recherche qualitative avec des entretiens réalisés dans des entreprises des Pays de Loire pour étudier leurs stratégies anti-corruption. Elle étudie en parallèle les méthodes de recherche dans le domaine de la fraude. Elle a une approche multisectorielle et considère les différents types de fraude dans les entreprises, comme la corruption ou la cybercriminalité.

Titulaire d’un Master 2 Dynamiques des organisations, Travail et Ressources Humaines ainsi que d’un Master 2 d’Ergologie, de l’Université d’Aix-Marseille, Théo Simon a, dans ses recherches antérieures, étudié le secteur du numérique (communauté de vidéastes sur la plateforme en ligne YouTube) et les transformations du travail, notamment comme ingénieur d’étude. Il travaille sur les comportements humains de prévention en matière de cybersécurité des organisations. Sa thèse porte sur la mise en place de méthodes de prévention collective et organisationnelle des cyber risques et sur leurs enjeux en termes de gestion des ressources humaines et d’éthique. A partir d’une approche mixte (qualitative et quantitative), il étudie la cybersécurité sous l’angle des comportements humains et des interactions ergonomiques machine / système / espace de travail.  

Théo Simon

Théo Simon

Doctorant

Mayar Fahim est titulaire d’un Master 2 en Marketing et Stratégie de l’IAE de Poitiers et d’un Master 2 de Conseil et Recherche de l’IAE de Nantes. Ses travaux scientifiques se concentrent sur le phénomène de neutralisation propre aux crimes en col blanc. Spécialiste des méthodes qualitatives, elle a conduit des entretiens avec des acteurs de différents terrains de recherche afin d’étudier comment les employés et les cadres essayent de neutraliser leur culpabilité face à des actes déviants, comme de la corruption ou des cyber crimes. Ses cadres d’analyses lui permettent d’articuler les thèmes de la fraude, la corruption, la neutralisation, la culture nationale et organisationnelle. 

Mayar Fahim

Mayar Fahim

Doctorante